Textes

Qui sommes-nous ?

Nous sommes des ex-employés de la société BlueComm, nous fûmes les petites mains d’une enquête sur l’« esprit d’entreprise » en Wallonie. Nous avons fait grève pour protester contre nos conditions de travail et une rémunération misérable. Et nous avons gagné. Flexblues est notre identité collective.

Ça c’était le passé, maintenant l’avenir est ouvert et d’autres combats se préparent.

[France] 100 000 étudiants sous le seuil de pauvreté

23 janvier 2006

L’Humanité, lundi 23 janvier 2006, par Bruno Julliard (source).

Aujourd’hui, la situation des jeunes ne correspond plus à l’image d’Épinal d’une jeunesse dorée et insouciante que certains ne cessent de véhiculer. La massification et l’allongement de la durée des études sont des données sociologiques oubliées dans l’élaboration des politiques publiques. La jeunesse constitue désormais une nouvelle période de la vie, entre l’enfance et l’accès au premier emploi stable. Cet âge, qui devrait être celui de tous les choix possibles est aujourd’hui celui de tous les risques : précarité de l’emploi, dépendance vis-à-vis de la famille, chômage.

100 000 étudiants sous le seuil de pauvreté, un étudiant sur deux salariés pour financer ses études, crise du logement étudiant, accès aux soins difficiles, 25 % de taux de chômage : être jeune en 2006 n’est pas une sinécure. C’est bien un dressage à la précarité qui est mis en oeuvre, visant à formater des jeunes dociles, résignés. L’ensemble de la société se trouve affecté par cette précarité de la jeunesse : lorsque les droits sociaux des jeunes sont diminués, ceux du reste de la société sont eux aussi inévitablement tirés vers le bas.

Pour autant, le gouvernement sait utiliser la jeunesse comme caution et l’instrumentaliser en fonction de ses intérêts : c’est en notre nom que la réforme des retraites a été réalisée, c’est au nom des « générations futures » que l’assurance maladie a été mise en pièces. Il est pourtant indispensable (et ô combien urgent) de réhabiliter la place de la jeunesse dans la société et de faire prendre conscience de l’intérêt politique, économique et social de l’investissement dans l’éducation et dans l’avenir.

Minée par les inégalités, la jeunesse ne constitue pas une catégorie sociale homogène. Néanmoins, elle se définit par une condition commune : celle du choix contraint entre précarité et dépendance, et par un besoin commun, celui de la formation et de l’insertion professionnelle durable. Cela se traduit par une aspiration commune : l’autonomie.

Le système d’aide sociale fondé sur une image des étudiants qui a peu évolué depuis cinquante ans est plus que dépassé. Il date de 1955 pour les bourses sur des critères sociaux. Il devient donc urgent de refonder ce système, qui ne répond plus aux attentes des étudiants et qui devient source d’injustice. L’UNEF défend la mise en place d’un véritable statut pour tous les jeunes, reconnaissant notre droit à l’autonomie et permettant un égal accès pour tous à la formation. Il passe par une allocation d’autonomie universelle, individualisée en fonction de la situation propre de l’étudiant, financée par l’État et les cotisations sociales et gérée collectivement par les usagers eux-mêmes.

Bruno Julliard est président de l’UNEF.

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Dernière mise à jour du site : 16 mai 2008