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Qui sommes-nous ?

Nous sommes des ex-employés de la société BlueComm, nous fûmes les petites mains d’une enquête sur l’« esprit d’entreprise » en Wallonie. Nous avons fait grève pour protester contre nos conditions de travail et une rémunération misérable. Et nous avons gagné. Flexblues est notre identité collective.

Ça c’était le passé, maintenant l’avenir est ouvert et d’autres combats se préparent.

Premiers échos médiatiques

22 février 2006

Quelques articles dans la presse de ce matin font écho à notre grève. Voici le texte de l’article du journal Le Soir de ce jour, signé par Hugues Dorzée.

Bob le Précaire ne sonde plus

Des jobistes belges dénoncent les conditions de travail d’un institut de sondage suisse.

C’est l’histoire de Bob le Précaire et de sa bande. Ils sont étudiants, chômeurs, employés à temps partiel. Ils ont décroché, en décembre dernier, un job d’enquêteur pour BlueComm, un petit institut suisse de sondage. Ils sont aujourd’hui « en grève ». L’objet du litige ? Leurs conditions de travail qu’ils jugent « particulièrement mauvaises ».

Ces quarante travailleurs doivent sonder l’opinion des 15-24 ans en Wallonie et à Bruxelles. L’étude porte sur « l’esprit d’entreprendre ». L’organisme commanditaire est la fondation belge Free, financée par plusieurs grosses entreprises (Electrabel, Fortis, Siemens, CNP,...).

Fin 2005, BlueComm a embauché trois chercheurs belges (ULg, UCL, ULB) chargés de recruter une quarantaine de sondeurs. Ceux-ci doivent coordonner 650 interviews en face à face. « Un job précaire ! » estiment aujourd’hui les intéressés. Qui dénoncent l’absence de contrat de travail clair au moment du recrutement, des conditions salariales « insuffisantes », une procédure de validation des questionnaires « inacceptable ».

« Dès le départ, on nous a incités à travailler en noir pour plus de facilités, déplore l’un des jobistes, Nous avons demandé à maintes reprises un contrat de travail en bonne et due forme. Ce qui n’a jamais été fait. »

Pas de contrat de travail

Le salaire ? « Bien, 12 euros brut par questionnaire dûment rempli. Nos frais de téléphone et de déplacement ne sont pas compris. Pour faire le travail, il faut compter 2 à 3 heures. Ce qui nous fait un salaire de 4 euros de l’heure ! » ajoute un autre enquêteur recruté. Autre motif d’insatisfaction : le fait que la société BlueComm se réserve le droit d’invalider unilatéralement les questionnaires qu’elle juge mal libellés.

Lundi soir, Bob le Précaire et ses collègues ont donc décidé de prendre en otage les questionnaires remplis. Ils ont créé un collectif baptisé « Flexblues » et un site web de protestation (www.flexblues.be). Ils mèneront une action de protestation jeudi matin devant la bourse de Bruxelles.

Leur but ? Pousser l’entreprise suisse à revoir ses conditions de travail et attirer l’attention du grand public sur « la situation préoccupante des travailleurs précaires en Europe ».

Du côté de BlueComm, on réagit : « Les contrats de travail sont en cours d’élaboration, assure depuis Genève son responsable Philippe Barthollet. La législation belge est difficile. Nous n’avons pas de siège social en Belgique. Mais tout devrait être réglé d’ici peu. »

Les rémunérations ? « Nous sommes prêts à les revoir à la hausse. Nous ne comprenons pas cette action d’humeur menée par une bande d’activistes de gauche qui veulent faire parler d’eux, ajoute Philippe Barthollet. S’ils sont incapables de réaliser une enquête en 50 minutes, ils ne sont pas faits pour ça ! ».

Quoi qu’il en soit, l’affaire fait désordre. Y compris au sein de la Fondation Free fondée par quelques grands formats (Lippens, Frère,...) et soutenue par le gouvernement wallon. Laquelle ignore tout des conditions de travail... Vous avez dit esprit d’entreprendre ?

Hugues Dorzée

Voici aussi un article de Louis Maraite paru dans les journaux du groupe Sud-Presse de ce mercredi.

Enquêteurs sans contrat en grève

Des travailleurs qui enquêtent sur l’esprit d’entreprendre en Wallonie-Bruxelles et qui... se mettent en grève, ça ne manque pas de sel. Et pourtant.

Le 24 mars prochain, FREE, la Fondation (privée) pour la Recherche et l’Enseignement de l’Esprit d’entreprendre, organise à Liège un colloque sur le sujet (infos : www.freefondation.be). Pour l’animer, elle commande un sondage auprès de 750 jeunes francophones de Belgique. « Après l’appel d’offres, c’est la société suisse BlueComm, associée à des services de l’UCL et de l’ULg, qui a remporté le marché. Elle présentait une expérience de recherches sur le public cible. C’est ce qui a fait la différence » explique B. Surlemont, directeur de FREE. BlueComm recrute alors des travailleurs pour effectuer le sondage en rencontrant les jeunes en « face à face ». « Les délais dans lesquels ce travail est fait est tel que nous avons avancé sans avoir finalisé les contrats pour nos enquêteurs » explique M. Barthollet (BlueComm). « En plus, il y a trois types de contrats, qui ne sont pas nécessairement simples. Ils sont pour relecture finale chez Securex. »

Bob « le précaire »

En attendant, des enquêteurs, recrutés parmi des étudiants et des chômeurs, ont créé un collectif, qui a lancé son site internet (www.flexblues.be) et se plaint des anomalies constatées. « Sur le tarif proposé par questionnaire (12 € en noir, 7,7 € en clair, pour plus de trois heures de travail), sur les encouragements prodigués pour que nous travaillions au noir, sur le non-remboursement des frais de téléphone et de déplacement » explique Bob « le précaire ». Et les plaignants de retenir « en otage » les questionnaires déjà complétés tant que les contrats ne seront pas signés.

« Pures calomnies » répond BlueComm. « Tous les enquêteurs seront déclarés, ce qui en embête certains, qui préfèrent le noir. Ils seront payés 12 € de l’heure, pas par questionnaire et les frais seront remboursés. J’ai été plus contacté par des journalistes que par les enquêteurs fâchés... » Reste que le débat fait un peu « désordre » quand il s’agit d’encourager... l’esprit d’entreprendre chez les jeunes.

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